Kuei,
Depuis que mon garçon est né, ma vie a changé pour toujours. La seconde où je l’ai pris dans mes bras, il a marqué son territoire… littéralement. À peine arrivé au monde, il m’a fait pipi dessus. Et honnêtement, avec le recul, je pense que c’était sa façon à lui de me dire : « Toi, t’es mon père. »
Depuis ce jour-là, lui et moi, on traverse la vie ensemble. Pas une vie parfaite. Pas une vie facile. Une vraie vie. Une vie faite de sacrifices, de fatigue, de peurs, mais surtout d’amour.
Porter tous les rôles
En tant que père monoparental, j’ai dû apprendre à devenir tout à la fois : le père, la mère, le protecteur, le chauffeur, le cuisinier, le consolateur, le clown, le pilier. Et parfois, même quand je me sentais complètement vidé, je continuais quand même, parce qu’il me regardait avec ses yeux pleins de confiance, comme si j’étais capable de déplacer des montagnes.
Recommencer encore
Depuis sa naissance, nous avons vécu douze déménagements. Douze fois recommencer. Douze fois essayer de reconstruire un foyer. Pas parce qu’on aimait partir, mais parce que, dans la vie, un enfant a besoin d’un toit, d’un endroit sécuritaire, d’un endroit où il peut dormir sans inquiétude. Même quand ça voulait dire m’éloigner énormément de mon travail. Même quand ça voulait dire repartir à zéro encore une fois.
Pendant longtemps, je n’avais même pas de voiture. Chaque jour, je marchais environ huit kilomètres. Deux kilomètres pour l’amener à la garderie. Deux kilomètres pour revenir. Deux kilomètres pour retourner le chercher. Puis encore deux kilomètres pour rentrer à la maison avec lui. L’hiver, la pluie, la fatigue… ça ne changeait rien. Mon garçon devait sentir que son père était là. Toujours.
Les batailles qu’on ne voit pas
On a traversé la COVID, les rendez-vous médicaux, les inquiétudes, les nuits trop courtes, les longues routes vers les spécialistes, les moments où j’avais peur sans vouloir le montrer, les démarches pour obtenir la garde complète de mon fils, les batailles silencieuses que beaucoup de gens ne voient jamais.
Créer des souvenirs malgré tout
Mais au travers de tout ça, j’ai voulu lui construire des souvenirs. Des vraies traditions. Chaque été, on part en camping ensemble. On va à la pêche dans les pourvoiries, d’Essipit jusqu’aux Escoumins. Chaque année, depuis sa naissance, on coupe ensemble un vrai sapin en forêt pour Noël. Cette année sera déjà notre septième.
Je lui construis une belle chambre. Un endroit où il peut rêver, jouer, grandir. Puis moi… souvent, je dors sur un matelas au sol. Et ça ne m’a jamais dérangé. Parce que quand je le vois heureux, quand je le vois sourire dans son univers à lui, je me dis que tous les sacrifices valent la peine.
Puis il y a nos moments à nous. Les jeux vidéo. Minecraft. Fortnite. Ces soirées où le monde extérieur arrête d’exister un instant. Où je ne suis plus fatigué. Où lui et moi, on rit ensemble comme deux meilleurs amis. Ces moments-là me sauvent parfois plus que les gens peuvent l’imaginer.
Pas parfait, mais présent
Je ne suis pas un père parfait. J’ai douté souvent. J’ai eu peur souvent. Mais une chose est certaine : mon garçon ne manquera jamais d’amour. Parce qu’au final, malgré toutes les tempêtes qu’on a traversées… lui et moi, on continue d’avancer ensemble.
Et honnêtement, si c’était à refaire demain matin… je choisirais encore d’être son père. Chaque fois.
Jonathan Moreau Tremblay fier papa de Kendrick 7 ans