Les écrans et nos enfants.
Les différentes technologies occupent aujourd’hui une place importante dans notre quotidien. Téléphones intelligents, tablettes, télévision et jeux vidéo font partie de la réalité de nombreuses familles.
Il ne s’agit ni de diaboliser les écrans ni de culpabiliser les parents. L’objectif est plutôt d’offrir quelques repères pour soutenir une réflexion nuancée sur leur utilisation chez les enfants et les adolescents, dans le respect des réalités et des contextes propres à chaque famille.
Quelles sont les recommandations actuelles ?
Selon les informations diffusées notamment par Société canadienne de pédiatrie et Santé Québec, les balises suivantes sont généralement proposées :
0 à 2 ans : aucun temps d’écran n’est recommandé, sauf pour les échanges vidéo avec des proches.
2 à 5 ans : idéalement, limiter à environ une heure par jour.
6 à 12 ans : un maximum d’environ deux heures par jour pour les loisirs numériques.
13 à 19 ans : aucune durée précise n’est fixée ; on recommande plutôt de considérer :
- Le type de contenu,
- Le contexte d’utilisation,
- L’équilibre avec les autres activités,
- Les caractéristiques et besoins individuels du jeune.
Ces repères sont généraux et doivent être interprétés avec souplesse. Ils ne remplacent pas une évaluation individualisée lorsqu’une situation soulève des préoccupations particulières.
Quels impacts peut-on observer ?
Les écrans représentent un facteur parmi d’autres dans le développement d’un enfant. Les réalités familiales, sociales et économiques influencent également les habitudes et le bien-être des jeunes.
Selon certaines observations issues de la littérature scientifique, une exposition importante aux écrans peut être associée à différents enjeux.
Chez les tout-petits (0–5 ans), on observe parfois :
Des défis liés au développement du langage,
Des difficultés dans la régulation des émotions,
Une diminution des occasions d’interactions sociales directes.
Chez les enfants d’âge scolaire et les adolescents, certaines études rapportent des associations possibles avec :
Des perturbations du sommeil,
Des défis au niveau de la régulation des émotions,
Un certain isolement,
Des préoccupations liées à l’image corporelle ou à l’estime de soi, notamment en lien avec l’usage des médias sociaux.
Il est important de rappeler qu’il s’agit d’associations et non de relations de cause à effet directes.
Le rôle des adultes
Les enfants apprennent en grande partie par observation. Les habitudes numériques des adultes peuvent donc influencer le climat et les routines familiales.
Il peut être pertinent de réfléchir ensemble à certaines questions :
Y a-t-il des moments propices à être sans écran (repas, routine du coucher) ?
L’utilisation actuelle favorise-t-elle un équilibre entre loisirs numériques, activités physiques, relations sociales et temps de repos ?
Les règles établies sont-elles claires, cohérentes et adaptées à l’âge de l’enfant ?
L’objectif n’est pas d’atteindre la perfection, mais de tendre vers un usage conscient et équilibré.
Pistes pour favoriser l’équilibre
Chaque famille peut adapter ces suggestions selon ses valeurs et sa réalité :
0–5 ans :
- Bacs sensoriels (mousse, riz, pâtes, eau colorée, sable)
- Fabriquer une maison, un navire ou une voiture avec une boîte en carton
- Mettre de la musique et danser librement
- Parcours moteur à l’intérieur (coussins, chaises, couvertures)
- Impliquer l’enfant dans une tâche simple (épousseter, trier les bas, arroser les plantes)
- Cuisiner une recette très simple (mélanger, verser, décorer)
- Jeu du « cache-cache » avec un toutou
- Dessin libre avec différents matériaux (crayons, craies, peinture à l’eau)
- Observer la nature (marcher, regarder les nuages, chercher des feuilles)
6–12 ans :
- Jeux de société
- Expériences scientifiques simples à la maison
- Chasse au trésor autant à l’intérieur qu’à l’extérieur (trouver 5 objets d’un tel couleur)
- Projets créatifs (album photo, scrapbooking, BD maison)
- Cuisine (préparer les collations ou contribuer à la préparation des menus de la semaine)
- Soirée quiz familial
- Chasse au trésor dans la maison ou la cour
- Construction (Lego, blocs, défis avec objets recyclés)
- Planifier une activité familiale ensemble
13–17 ans :
- Activités artistiques (coloriage aux crayons à l’alcool, junk journal, dessin libre)
- Sports ou activités de plein air
- Jardinage (préparer des semis au printemps, aménager un petit coin vert)
- Cuisiner un repas complet ou tester une nouvelle recette
- Organiser une soirée jeux ou film en famille
- Projet personnel (photo, musique, écriture, bricolage)
- Marche-discussion sans téléphone
- Planifier une sortie simple tel un pique-nique ou une randonnée
- Défi organisation ou réaménagement de leur espace
Impliquer les jeunes dans la réflexion favorise généralement une meilleure participation.
L’importance du temps de qualité
Au-delà du temps d’écran, les moments de qualité partagés entre le parent et l’enfant contribuent à renforcer le lien et le sentiment de sécurité. Cela peut être une belle opportunité de passer un moment d’exclusivité avec son enfant et ainsi soutenir le développement et le bien-être de l’enfant. L’objectif n’est pas d’en faire plus, mais de préserver des espaces de connexion dans le quotidien, selon la réalité de chaque famille.
En conclusion
Les écrans font partie intégrante de notre société. Plutôt que de chercher à les éliminer, il peut être aidant de réfléchir à la place qu’ils occupent dans la vie familiale et à l’équilibre global du quotidien.
Les informations présentées ici sont de nature générale et visent à soutenir la réflexion. Elles ne remplacent pas une consultation professionnelle. Pour toute préoccupation particulière concernant le développement ou le bien-être d’un enfant, il est recommandé de consulter un professionnel qualifié.
Shannen Thibeault
Travailleuse sociale
